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RDC à l'ONU : Kayikwamba lie la paix à la fin de l'agression rwandaise et présente un plan de réformes

Manasse
Publié le 25/02/2026 16:07
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RDC à l'ONU : Kayikwamba lie la paix à la fin de l'agression rwandaise et présente un plan de réformes

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GENÈVE - La République Démocratique du Congo a porté une double voix, à la fois accusatrice et réformatrice, devant le Conseil des droits de l'homme des Nations Unies, lors de sa 61e session. La ministre d'État Thérèse Kayikwamba Wagner a articulé son intervention autour de deux axes principaux : la dénonciation ferme de l'agression rwandaise et la présentation d'un agenda ambitieux de réformes internes.

**Un réquisitoire accablant contre le Rwanda et le M23**

La ministre a livré un réquisitoire détaillé contre le Rwanda, qu'elle accuse de soutenir militairement le groupe rebelle M23. S'appuyant sur les rapports du Groupe d'experts de l'ONU et la résolution du Conseil des droits de l'homme, elle a énuméré les violations documentées dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu : assassinats, violences sexuelles systémiques, déplacements massifs de population et pillage des ressources.

Les chiffres avancés sont glaçants : près de huit millions de personnes déplacées, et une femme violée toutes les quatre minutes dans ces zones de conflit. Kayikwamba Wagner a également cité un rapport consolidé élaboré avec la société civile faisant état de plus de 17 000 atteintes graves, dont 15 000 pertes en vies humaines. Elle a rappelé l'ordonnance présidentielle de novembre 2025 déclarant nuls les actes posés par « les forces d'occupation », inscrivant ainsi le conflit dans un cadre juridique contestant la légitimité du M23.

**Un plan de réformes structurelles ambitieux**

Parallèlement à ces accusations, la RDC a présenté une feuille de route pour renforcer l'État de droit. Parmi les mesures phares :

  • Une politique de « tolérance zéro » contre les violences sexuelles.
  • La création d'un mécanisme institutionnel de réparation pour les victimes, doté d'un fonds dédié.
  • L'annonce de la future création d'un tribunal pénal économique et financier, visant spécifiquement les circuits opaques de l'économie de guerre et de la corruption.
  • Un engagement renouvelé pour le respect des normes internationales dans l'exploitation des ressources naturelles stratégiques.

**La paix, condition sine qua non des réformes**

Le message central de l'intervention congolaise est clair : la réussite de ces réformes de justice transitionnelle et économique est intrinsèquement liée à la fin de l'instabilité dans l'Est du pays. La ministre a implicitement mis la communauté internationale, et particulièrement les membres du Conseil de sécurité, face à leurs responsabilités. Comment la RDC pourrait-elle pleinement appliquer son agenda et assurer des réparations aux victimes dans un contexte d'agression armée entretenue de l'extérieur ?

Cette intervention à Genève apparaît comme une manœuvre diplomatique visant à reprendre l'initiative narrative sur la scène internationale, en liant explicitement la responsabilité du Rwanda dans le conflit à la capacité de la RDC à instaurer l'État de droit et la justice pour ses citoyens.

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